Entrer dans la tech après un MiM : le secteur qui se moque le plus de votre école
La tech recrute sur des compétences démontrables plus que sur un diplôme. Ce que ça change pour la préparation, les écoles ciblées, et les entretiens qui n'existent nulle part ailleurs.
Photo : « Oxford, Saïd Business School » par Lewis Clarke, CC BY-SA 2.0 , recadrée — via Wikimedia Commons.
La tech est le secteur où nos candidats surinvestissent le plus dans le choix de l’école, alors que c’est précisément celui où ce choix compte le moins.
Pourquoi l’école y pèse moins
Trois raisons structurelles, et aucune n’est un jugement de valeur.
Les compétences sont vérifiables. On peut tester en entretien si quelqu’un sait analyser un jeu de données ou structurer une décision produit. Quand la compétence se mesure directement, le diplôme sert moins de signal.
Le secteur recrute sur des métiers récents. Aucune école ne forme depuis cinquante ans à la gestion de produit numérique. Les recruteurs ont donc pris l’habitude de regarder ailleurs que la formation initiale.
Les parcours y sont hétérogènes. Les équipes mélangent ingénieurs, gestionnaires, anciens consultants, autodidactes. Un profil qui détonne y est banal.
La conséquence pratique, et elle est encourageante : si votre école n’est pas sur les listes de recrutement des cabinets de conseil ou des banques, c’est un secteur où des réalisations concrètes peuvent peser davantage. Elles ne remplacent pas le diplôme, mais elles donnent au recruteur autre chose à regarder.
Les écoles où les entreprises recrutent
Elles existent quand même. Voici la liste que nous reconstituons à partir des parcours que nous suivons.
| Zone | Écoles présentes dans les parcours que nous accompagnons |
|---|---|
| International | Stanford, MIT Sloan, Berkeley, LBS, INSEAD |
| Europe | ESCP, HEC, Bocconi, programmes spécialisés en données et en numérique |
| France | Les écoles du haut de tableau, et surtout les doubles profils ingénieur-gestion |
Les trois précautions habituelles s’appliquent, et une de plus ici : cette fréquence dépend aussi de qui vient nous voir, pas seulement des préférences des recruteurs. Elle bouge, et elle n’est pas une frontière — moins que dans aucun autre secteur.
La ligne qui compte vraiment est la dernière : le double profil ingénieur-gestion est celui que nous voyons passer le plus facilement, quelle que soit l’école. C’est une information plus actionnable qu’un classement.
Le portfolio, et pourquoi il change tout
Voici ce qui distingue ce secteur de tous les autres traités sur ce blog.
En conseil ou en finance, vous ne pouvez pas prouver votre compétence avant l’entretien : vous pouvez seulement montrer un parcours. Dans la tech, vous pouvez.
Un portfolio est un ensemble de réalisations montrables :
- une analyse publiée sur un sujet de votre secteur cible, avec les données et la méthode ;
- un projet livré, même modeste, dont vous pouvez expliquer les choix ;
- une contribution documentée à un produit existant ;
- un lancement, avec ses chiffres et ce que vous en avez appris.
Pourquoi cela peut peser : un recruteur qui lit une analyse que vous avez faite sait quelque chose de vous qu’aucun CV ne lui dirait. Dans un secteur qui reçoit beaucoup de candidatures semblables, c’est un moyen de donner prise.
Nous n’avons pas de mesure comparative qui permettrait de dire combien cela vaut face à une année d’études supplémentaire — ce sont deux investissements de nature différente. Ce que nous constatons, c’est que les candidats venus d’écoles moins repérées par les recruteurs et qui obtiennent des entretiens ont presque toujours quelque chose à montrer.
Les entretiens : des formats à vérifier poste par poste
Les épreuves ci-dessous sont celles que nous voyons revenir sur les postes de gestion de produit et d’analyse. Elles ne décrivent pas tout le secteur : une fonction commerciale, opérationnelle ou marketing n’a pas le même processus, et chaque entreprise a le sien. Lisez la description du poste et, quand elle existe, la page de préparation que l’entreprise publie.
Ce que les candidats venus du conseil doivent savoir : leur préparation apporte des acquis réels — structuration, aisance avec les chiffres, clarté à l’oral — mais elle ne couvre pas les exercices propres à ces postes.
| Épreuve | Ce qui est mesuré | Comment s’y préparer |
|---|---|---|
| Cas produit | Concevoir ou améliorer une fonctionnalité, arbitrer entre des utilisateurs | S’entraîner sur des produits que vous utilisez, à voix haute |
| Analyse de données | Lire un tableau, poser la bonne métrique, détecter une anomalie | Manipuler de vraies données, pas des exercices théoriques |
| Questions techniques | Selon le poste : de la simple compréhension des équipes à une vraie maîtrise du langage d’interrogation de bases de données | Vérifier le niveau exigé dans l’offre — certains postes d’analyse le testent sérieusement |
| Entretien comportemental structuré | Vos décisions passées, en situation | Une banque de situations vécues, écrites puis répétées |
La ligne du cas produit est celle qui piège le plus. Ce n’est pas une étude de cas de conseil : on n’attend pas une recommandation stratégique mais un raisonnement d’utilisateur — pour qui, quel problème, quelle solution, comment on mesure que ça marche.
La ligne de l’analyse de données est celle qu’on prépare le moins. Savoir lire un tableau de bord, poser la bonne question à un jeu de données, repérer ce qui cloche dans une courbe. Cela se travaille, et très peu de candidats le font.
L’entretien comportemental, lui, obéit aux mêmes règles que partout : des situations vécues, racontées au « je », avec ce que vous en avez tiré. Nous en détaillons le format dans les 20 questions types des entretiens.
Un mot enfin sur le projet, parce qu’il se formule autrement ici. Dans ce secteur, « je veux faire du produit » ne suffit pas : on attend de vous que vous nommiez un problème d’utilisateur qui vous intéresse et que vous sachiez dire pourquoi. C’est le même principe que partout — une finalité, pas un intitulé de poste — mais appliqué à un usage concret plutôt qu’à un secteur.
Et si vous hésitez encore entre plusieurs secteurs, le détour par le conseil en stratégie vaut le coup : les deux recrutent souvent les mêmes profils, sur des épreuves différentes.
Le calendrier : deux mondes
| Grandes entreprises | Jeunes pousses | |
|---|---|---|
| Rythme | Programmes structurés, campagnes annoncées | Recrutement au besoin, sans calendrier |
| Comment postuler | Candidature formelle, processus long | Réseau, contact direct, réactivité |
| Ce qui décide | Le passage des épreuves | L’adéquation immédiate à un besoin |
| Préparation | Anticiper la campagne de plusieurs mois | Être visible et disponible en permanence |
Viser les deux avec la même méthode est la première erreur. Une candidature formelle envoyée à une jeune pousse de vingt personnes se perd ; un message direct envoyé à une grande entreprise ne remplace pas le processus.
La rémunération en actions
Un point technique, et il compte parce qu’il fausse les comparaisons.
Dans la tech, une partie de la rémunération est souvent versée en titres. Un candidat qui compare une offre technologique à une offre de conseil en additionnant salaire et titres compare deux choses qui ne sont pas de même nature.
Première distinction, et c’est la plus importante. Des actions attribuées vous sont données progressivement, sans contrepartie financière. Des options ou bons de souscription vous donnent le droit d’acheter des titres à un prix fixé, dans un délai donné : il faut sortir l’argent, et cela n’a de valeur que si le titre vaut plus que ce prix au moment où vous exercez. Ce sont deux instruments qu’on range à tort sous le même mot.
Deuxième point : la valeur. Dans une entreprise cotée, elle est observable mais varie avec le cours. Dans une entreprise non cotée, la valorisation affichée au moment de l’offre n’engage personne, et la revente peut être difficile voire impossible avant un événement de liquidité.
Troisième point : les conditions. L’acquisition est progressive, souvent après une période initiale sans rien. Partir avant la fin signifie renoncer à la part non acquise, et pour les options, il faut parfois les exercer dans un délai court après le départ — donc payer, sans savoir ce que ça vaudra.
Demandez ces éléments par écrit avant de comparer deux offres : nature de l’instrument, calendrier, prix d’exercice le cas échéant, conditions de départ, fiscalité.
Les repères de score
Pour les écoles françaises qui mènent à ce secteur, voici les scores que nous relevons chez nos admis :
| École | Plancher observé | Moyen des admis Prepaya |
|---|---|---|
| HEC Paris | 380 | 515 |
| ESSEC | 300 | 490 |
| ESCP | 280 | 450 |
| EM Lyon | 270 | 390 |
| EDHEC | 260 | 380 |
| SKEMA | 270 | 400 |
Scores Tage Mage relevés chez nos admis entre 2022 et 2025. « Plancher observé » : le score le plus bas relevé chez un admis — en dessous, nous n’avons pas de cas · « Moyen des admis Prepaya » : la moyenne des scores relevés chez nos admis. Les écoles ne publient pas de seuil : ces niveaux viennent de nos dossiers, et servent à mesurer votre écart.
La bonne lecture n’est pas « il me faut ce score » mais « quel écart me sépare de cette zone ? ». Un test blanc en conditions réelles vous situe en deux heures.
Construire le parcours
- Commencez le portfolio maintenant. C’est un levier concret, et il pèse d’autant plus que votre parcours académique est peu connu des recruteurs.
- Travaillez les données pour de vrai. Pas un cours en ligne terminé à moitié : des jeux de données manipulés jusqu’à savoir en tirer quelque chose.
- Entraînez les cas produit à voix haute, sur des produits que vous utilisez tous les jours.
- Séparez vos deux stratégies : campagnes structurées d’un côté, réseau et réactivité de l’autre.
- Apprenez à lire une offre en actions avant d’en recevoir une.
Pour le CV, le format attendu met en avant les réalisations et leurs résultats chiffrés plutôt que les intitulés de poste. Le générateur de CV de Teachero le produit gratuitement et sans compte. Et pour explorer les métiers et leurs réalités, le blog de PrepCareer recense les parcours secteur par secteur.
Ce qu’il faut retenir
- Un secteur où la compétence se teste, et où des réalisations concrètes donnent prise.
- Le portfolio renforce un dossier, surtout quand l’école est peu connue des recruteurs.
- Les formats d’entretien varient selon le poste : vérifiez l’offre plutôt qu’une règle générale.
- Grandes entreprises et jeunes pousses recrutent selon deux logiques différentes.
- Distinguez actions attribuées et droits d’achat : ce ne sont pas les mêmes instruments.
Pour situer votre profil, notre simulateur d’évaluation des chances applique nos repères à votre dossier.
Questions fréquentes
Les questions que l'on nous pose le plus souvent sur ce sujet.
Quelle école faut-il pour entrer dans la tech ?
À quoi ressemblent les entretiens ?
Qu'est-ce qu'un portfolio et pourquoi est-ce important ?
Faut-il savoir coder ?
Comment lire une rémunération en actions ?
Grande entreprise ou jeune pousse ?
D'où viennent ces informations
Les règles officielles citées dans cet article (format, notation, droits d'inscription, calendrier) proviennent des pages ci-dessous , relevées le 24 septembre 2026. Les analyses, méthodes et exemples sont, eux, des contenus pédagogiques Prepaya : ils n'engagent aucune de ces institutions.
Un projet d'admission ?
Quarante-cinq minutes pour cartographier vos écoles cibles, caler votre calendrier de test et repérer les trous de votre dossier. En présentiel au Trocadéro ou à distance, sans engagement.
14 avenue de Camoëns, 75116 Paris · ouvert 7j/7 de 8h à minuit